Domjevin
La mémoire de la commune
Domjevin est une commune française située dans la région Grand Est dans le département de Meurthe-et-Moselle, dans l'arrondissement de Lunéville et dans le canton de Blâmont.
Au fil de l’histoire
En 1175, Hermann, abbé de Moyenmoutier, céda à la même abbaye ce que son monastère possédait à Frisonviller et à Domjevin.
En 1189, la 3e partie des dîmes de Domjevin fut abandonnée à l'abbaye de Haute-Seille par Henri, comte de Salm.
En 1219, Henri, comte de Salm, donna à l'abbaye de Senones sa cour ou sa métairie de Domjevin.
En 1248, Ferry de Salm, sire de Blâmont, reconnaît que son cousin Mathieu, duc de Lorraine, lui a laissé la moitié du ban de Domjevin.
En 1280, le sire de Blâmont, qui vivait avec les religieux, donna ses fours banaux de Domjevin et de Frisonviller à ces religieux à condition de partager la moitié du produit.
Frisonviller était un hameau qui devait se situer dans le voisinage de la Bonne-Fontaine (en amont du ruisseau de Chazal) décrit comme habitations et moulin ; fut plusieurs fois nommé dans les chartes du XII et XIIIe siècle ; en 1308, il fut anéanti " Tout y périt, bestes, mobles, bleif et vin " au point qu'il n'en reste même plus trace dans les désignations du cadastre. Frisonviller n'est plus cité que comme breuil dans le partage de 1311, préparé par le comte de Blâmont.
En 1308 Domjevin et Frisonviller subirent un véritable désastre : une incursion de Messins, tout y périt, le hameau fut complètement détruit. Domjevin très meurtri, s'en releva heureusement.
Le templiers avaient bâti une maison de leur ordre sur une colline surplombant la vallée de la Vezouze. On voit encore le bassin d'une fontaine qui était à leur usage. Ce poste devait avoir une haute importance, car une route pavée et cimentée, qui, du village rejoignait la route de Lunéville fut découverte en partie au XVIIIe siècle. En 1308, les templiers disparurent, leur maison fut affectée aux chevaliers de Malte.
Au mois de septembre 1324, Henri de Blâmont reconnaît tenir en fief du duc Ferry, après l'évêque de Metz, le village de Domjevin.
En 1329, les habitants de Domjevin se mirent sous la protection et sauvegarde de la duchesse de Lorraine, Isabelle d'Autriche et du duc Raoul son fils, moyennant une certaine somme. Henri, comte de Blâmont, de qui le village dépendait, y donna son consentement. Les habitants renouvelèrent le traité de sauvegarde en 1384 avec Jean, duc de Lorraine.
Au XVIe siècle, Domjevin est compris avec 15 autres villages dans le comté de Blâmont. Plusieurs seigneurs se partagent les rues et les habitants, sur lesquels ils ont pleine justice : ce sont les ducs de Lorraine et les comtes d'Haussonville.
Domjevin est le seul village avec Reillon à adhérer à la « Charte de Beaumont » et s'affranchit partiellement de la féodalité. Il s'est donné deux maires élus le jour de la Pentecôte. Le village géra les délits et profita d'avantages fiscaux. La division amena disparité, jalousie et dissension.
Le 20 avril 1518, Henri, prévôt de Blâmont, rachète des mains de Warry de Luxembourg, seigneur de Fléville, le quart du village de Domjevin, que Thibaut, seigneur de Blâmont, avait engagé en 1427 à Jean de Fléville pour la somme de 100 francs.
L’Inquisition était une juridiction d'exception, établie pour représenter l'autorité judiciaire du pape sur une région donnée, quand le fonctionnement normal des tribunaux ecclésiastiques s'avérait inadapté. Les inquisiteurs ont le pouvoir juridique absolu pour juger et condamner les gens (ils pouvaient être exécutés, pendus…). De 1584 à 1630, Domjevin fut un des villages où il y eut le plus d'habitants exécutés (à Blâmont) pour sorcellerie : 13 femmes et 3 hommes.
Les épidémies de pestes et la guerre de Trente Ans ont laissé à nouveau Domjevin dépeuplée et ravagée : il ne restait plus que 30 habitants.
Il n'existe que trois ponts sur la Vezouze dont un à Domjevin : ce pont est à péage et apporte des revenus aux habitants de Domjevin qui en sont propriétaires. En 1650 les habitants s'entendent pour remplacer le pont de bois par un pont de pierre. Les habitants de Vého et de Fréménil seront exemptés de droit de péage car ils participèrent à l'entretien de ce pont.
En 1802, après avoir appartenu au bailliage de Lorraine, cour souveraine de Nancy, Domjevin fut une succursale qui relevait de Blâmont avec Fréménil pour annexe.
La gare de Domjevin de la ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller est inaugurée par le ministre Albert Lebrun le 13 août 1911. Elle est située à 1 200 m au sud du village, le trafic fonctionne jusqu'en 1942.
Les origines du nom
H. Lepage a relevé les différents noms suivants : Domnus Jovinianus (1175), Domnus Juvinus, Dongevin ou Donjevin (1248), Domgevin (1476), Donsevrin (1594) et Domjuvin (Cassini).
Domjevin dont le nom apparaît pour la première fois dans une donation de 1010, a certainement des origines plus anciennes, voire gallo-romaines : les traditions veulent que les Romains aient élevés un camp et un temple à Jupiter (Juvinus) sur une des collines du village mais aucun vestige ne vient confirmer cette supposition. Le village a dû porter un autre nom avant d'être rebaptisé pour prendre celui d'un saint Jovin, général romain d'origine gauloise né à Reims sous l'empereur Julien (Constantinople mai-juin 332 / Ctesiphon 26 juin 363), combattit en Gaule et repoussa trois invasions en particulier à Sainte-Geneviève près de Pont-à-Mousson en 367. Nommé consul la même année, il se convertit au christianisme et mourut en 370.
Un patrimoine à découvrir
Avant la Révolution, on venait déjà à la source, dédiée à Notre Dame sous la Croix et réputée pour des vertus bienfaisantes. En 1851 une chapelle néogothique fut construite, la chapelle Notre-Dame-de-la-Bonne-Fontaine. En 1944, la nef est détruite, seuls le chœur et la statue de la Vierge restent intacts ; la nef fut remplacée par une construction plus moderne.
On peut qualifier cette chapelle de haut lieu de la spiritualité du Lunévillois. Près de 5 000 cierges sont brûlés par an par plus de 10 000 visiteurs. C'est un lieu privilégié pour le calme et le recueillement.
Après la guerre de Trente Ans, le village en ruines se reconstruit : d'imposantes fermes sont construites, ornées de portes monumentales dues à des artistes italiens qui ont voulu reproduire les belles réalisations architecturales de leur pays. Ces constructions sont un mélange du style baroque et Renaissance : cet art est le « style italo-lorrain du XVIIIe siècle ». Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques portes, les autres furent détruites lors des deux Guerres mondiales.
Calvaire du carrefour de le RD 19 et 19 bis ; on pourra s'interroger sur ce texte : « CET CROX A ETE FAIT PAR LA COMUNOTE DE DOMJUVIN EN 1791 ». Cette croix a été érigée en pleine Révolution, à l'époque de la destruction de objets de culte. Le mot paroisse a été remplacé par communauté…
Croix du centre située sur la route de Domjevin à Manonviller (1893).
Inaugurée en 1733, elle remplace l'ancienne église vétuste et trop petite.
Des vies liées à la commune
M. Mangin (1797-1868), curé de Blâmont de 1834 à 1868, un des prêtres distingués du clergé de Nancy, est né à Domjevin.
M. l'abbé Émile Hatton (1882-1963), érudit, curé de Domjevin de 1925 à 1936.
Le paysage et le village
Village situé dans la partie ouest du canton de Blâmont, Domjevin est situé à égale distance de Lunéville, Blâmont, Badonviller et Baccarat soit 17 km, et à 48 km de Nancy.
La commune s'étend sur 1 028 ha dont 218 boisés et son altitude varie entre 237 et 293 mètres.
Le territoire de la commune est traversé par la Vezouze avec ses nombreux méandres au milieu d'une grande prairie - il y a 12 km de rives sur le territoire de Domjevin - complété par le ruisseau de Chazal, affluent de la Vezouze qui part de la Bonne Fontaine.
Le sol est constitué en partie de terres fortes ou argileuses et en partie de terres légères ou sablonneuses.


